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L’ANLC/TI Niger outille les clubs anti-corruption : retour sur l’atelier de validation et de vulgarisation du Guide pratique d’accès au droit et à la justice
Niamey, les 15 octobre 2026 – L’Association Nigérienne de Lutte contre la Corruption, section nigérienne de Transparency International (ANLC/TI Niger), a organisé un atelier consacré à la validation et à la vulgarisation de son nouveau Guide pratique pour l’accès au droit et la justice en cas de corruption, d’abus ou d’inconduite dans les services publics au Niger. Cet événement, qui s’est tenu dans le cadre du projet « Initiative pour l’autonomisation juridique et la justice réparatrice au Sahel », bénéficie de l’appui du Legal Empowerment Fund (LEF) et du Fund for Global Human Rights (FGHR).
Un guide pour briser le mur de l’impunité
Au Niger, comme dans de nombreux pays du Sahel, les citoyens confrontés à la corruption, aux abus de pouvoir ou à l’inconduite d’agents publics se heurtent trop souvent à un mur : méconnaissance des voies de recours, complexité des procédures, peur des représailles. C’est de ce constat qu’est né le Guide pratique, un outil pensé pour « connaître le droit, utiliser le droit et façonner le droit ».
Fruit d’un travail rigoureux mené par un expert juridique, ce document recense l’ensemble des institutions compétentes (ONDH/LF, ANAJJ, IGE, Cour des Comptes, HACP, Procureur de la République, etc.), détaille les procédures de saisine, propose des modèles de plainte et met l’accent sur la protection des lanceurs d’alerte. Il s’inspire du travail pionnier du Médiateur de la République et du DCAF, tout en l’enrichissant pour couvrir l’ensemble des infractions de corruption et d’abus commis par les agents publics.
des travaux intensifs et participatifs
L’atelier, qui a réuni une trentaine de participants, a alterné exposés introductifs, travaux en sous-groupes, plénières et ateliers pratiques, dans une démarche résolument participative.
Examen et validation du document
Après les mots d’ouverture du Président du CEN de l’ANLC/TI Niger et la présentation des objectifs par le responsable de projet, le consultant a exposé la méthodologie, la structure et le contenu du document. Les participants ont ensuite examiné le guide partie par partie, en sous-groupes, avant de restituer leurs observations en plénière. Les amendements ont été synthétisés et le document final a été validé collectivement.
Un large éventail de parties prenantes mobilisées
L’atelier a rassemblé des profils variés, témoignant de l’importance accordée à ce projet :
- Membres de l’ANLC/TI Niger : Président du CEN, membres du CA, antenne régionale de Niamey, responsables de projet, comptable, chargé de communication, conseiller juridique ;
- Consultant juridique : expert ayant conçu le guide ;
- Institutions de recours : ANAJJ, IGSS, IGSJ/P ;
- Conseil Consultatif de la Refondation (CCR) ;
- Clubs anti-corruption des cinq communes de Niamey ;
- OSC partenaires : Chronique Juridique, SOS Femmes et Enfants Victimes de Violences Familiales, MNDHP ;
- Médias : journalistes spécialisés (presse écrite, radio, télévision).
Un outil clé en main pour les clubs anti-corruption
Le guide ne se contente pas de lister les voies de recours. Il fournit aux clubs anti-corruption des outils pratiques directement utilisables sur le terrain :
- Fiche de réception de plainte : pour documenter les faits avec rigueur (date, heure, lieu, témoins, pièces fournies) ;
- Modèle de plainte type et modèle de saisine du Procureur de la République ;
- Circuit de référencement des plaintes en 7 étapes : réception, analyse, orientation, accompagnement, suivi, documentation, transmission à l’ANLC ;
- Registre des plaintes pour assurer la traçabilité des dossiers ;
- Fiches pratiques : que faire en cas de demande de pot-de-vin ? Comment protéger un lanceur d’alerte ? Quels sont les délais à ne pas dépasser ?
Rappel des principes fondamentaux
Le guide rappelle avec force le cadre d’action des Clubs Anti-Corruption (CAC) : ils ne sont ni gendarmes, ni policiers, ni juges. Leur rôle est strictement citoyen, bénévole et préventif : veille citoyenne, information et sensibilisation, orientation, accompagnement moral et administratif, protection des lanceurs d’alerte. Il leur est formellement interdit de se faire passer pour des agents de l’État, d’intercepter ou de menacer quiconque, de monnayer une plainte ou de publier des noms sans preuve.
Vers une large diffusion
Ce guide sera diffusé auprès des clubs anti-corruption, des parties prenantes et des médias. Un plan de diffusion dans les cinq communes de Niamey et au-delà a été élaboré lors de l’atelier, avec l’ambition d’étendre progressivement l’initiative à l’ensemble du pays.
Conclusion
En dotant les citoyens et les clubs anti-corruption d’un outil juridique accessible et pratique, l’ANLC/TI Niger et ses partenaires — LEF et FGHR — posent une pierre angulaire dans la construction d’un État de droit au Niger. Comme l’a rappelé le Président du CEN de l’ANLC/TI Niger : « Le chemin est long, mais chaque plainte déposée, chaque lanceur d’alerte protégé, chaque abus dénoncé est une victoire pour l’État de droit. Ensemble, faisons reculer la corruption et l’impunité. »




