Niger : La lutte contre la corruption, une question de dignité humaine selon Transparency International Niger
À l’occasion de la 9ème Journée Africaine de Lutte contre la Corruption (11 juillet 2025), Transparency International Niger (TI-Niger) a lancé un appel pressant et structuré, soulignant le lien indissociable entre l’éradication de la corruption et le respect de la dignité humaine. Ses communiqués, publiés à Niamey, dressent un constat sévère mais proposent aussi des solutions concrètes.
Le constat : Une convention cruciale, mais trop peu appliquée
TI-Niger rappelle avec force l’importance de la Convention de l’Union Africaine sur la Prévention et la Lutte contre la Corruption (CUAPLC), adoptée il y a 22 ans à Maputo. Pourtant, son potentiel reste largement inexploité. Son application est qualifiée de « fragmentaire et inégale » à travers le continent. Cette convention n’est pas qu’un texte répressif ; elle exige des mesures préventives (transparence, intégrité des institutions), garantit la protection des lanceurs d’alerte et des victimes, et lie explicitement la lutte anti-corruption au respect des droits humains et à la justice sociale.
Corruption = Atteinte à la Dignité Humaine : Un message fort
Le thème de la journée, « Promouvoir la dignité humaine dans la lutte contre la corruption », est au cœur du message de TI-Niger. L’association dénonce un « cercle vicieux » où la corruption sape les efforts pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD), comme le rappelle une résolution de l’ONU. Les conséquences sont dramatiques et directes :
Privation des droits fondamentaux : La corruption détourne les ressources destinées aux services essentiels (santé, éducation, justice), les rendant inaccessibles aux plus vulnérables.
Exacerbation des inégalités : Les femmes, les jeunes et les communautés marginalisées sont les premières victimes de ce détournement.
Les revendications clés de TI-Niger : Passer des paroles aux actes
Face à ce constat, TI-Niger appelle urgemment les dirigeants africains et nigériens à s’approprier pleinement et mettre en œuvre la CUAPLC. Cet appel se traduit par trois demandes prioritaires :
1. Harmonisation des législations nationales : Aligner les lois du Niger (et des autres États) avec la CUAPLC et les conventions internationales pertinentes.
2. Création de tribunaux spécialisés indépendants : Mettre en place une justice dédiée, capable de traiter efficacement et impartialement les dossiers de corruption.
3. Protection effective des témoins, journalistes et experts : Adopter une loi robuste sur la protection des lanceurs d’alerte, conforme à l’article 9 de la Convention, pour permettre les dénonciations sans crainte de représailles.
L’action sur le terrain : Sensibilisation, plaidoyer et soutien
TI-Niger ne se contente pas de dénoncer. L’association mène des actions concrètes :
Organisation d’ateliers de sensibilisation dans les régions du Niger.
Plaidoyer actif pour l’adoption de la loi cruciale sur la protection des lanceurs d’alerte.
Soutien aux victimes via le Centre d’Assistance Juridique et d’Actions Citoyennes (CAJAC).
Une détermination affirmée pour l’avenir
Dans sa déclaration signée par son Président, Maman Wada, TI-Niger réaffirme sa détermination à poursuivre ses efforts pour renforcer la mise en œuvre de la CUAPLC, tant au Niger qu’à l’échelle africaine. Son message est clair : combattre la corruption efficacement n’est pas seulement une question de bonne gouvernance économique, c’est une condition fondamentale pour préserver la dignité humaine et construire des sociétés plus justes et équitables en Afrique.
En bref : TI-Niger tire la sonnette d’alarme : sans une application résolue de la Convention de l’UA et sans mesures fortes pour protéger ceux qui dénoncent, la corruption continuera de bafouer la dignité des populations africaines, particulièrement des plus vulnérables. L’appel est lancé aux dirigeants pour qu’ils passent enfin des engagements aux actes concrets.


